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Test HoverAir Versa : la caméra qui vole

Dans votre main, c'est une caméra stabilisée, comme une Osmo Pocket. Vous clipsez le kit de vol, vous ouvrez les bras, et en quelques secondes, elle décolle et vous suit toute seule. C'est le HoverAir Versa, un produit que DJI n'a jamais osé sortir et qui est même interdit aux États-Unis. Au départ, nous n'y croyions pas une seconde : une mauvaise caméra collée sur un mauvais drone. Nous l'avons donc testé sans pitié, et nous nous sommes trompés. En partie, car il a un défaut qui peut vous faire perdre votre drone et votre caméra en une seule seconde. À 1 300 euros le pack complet, vous n'avez pas droit à l'erreur. Voici notre test complet, 100 % indépendant.

À retenir

  • Un concept inédit : une caméra de poche qui se transforme en drone de suivi en quelques secondes.
  • 163 g en caméra, 230 g en drone : une seule machine pour filmer au sol et dans les airs.
  • Le gros défaut : aucune détection d'obstacles. Un crash, et vous perdez le drone ET la caméra.
  • Image honnête de jour, en retrait la nuit ; capteur 1/1,3 pouce, 4K 60 i/s.
  • Son vrai prix : visez au minimum le pack Fly More (environ 890 €), jamais la caméra seule.
  • En France c'est légal (classé C0), mais vous devenez télépilote : enregistrement obligatoire.

Le HoverAir Versa vaut-il le coup ? Oui, à une condition : vouloir une seule machine dans la poche pour filmer à la main et dans les airs. La caméra est honnête (sans égaler une Osmo Pocket 4) et le drone de suivi est un vrai HoverAir. Mais l'absence totale de détection d'obstacles est un vrai danger, et comme le drone et la caméra ne font qu'un, un crash vous fait tout perdre. À réserver aux vols en zone dégagée, avec au minimum le pack Fly More.

Une Osmo Pocket qui vole ?

Le HoverAir Versa décolle de la main, piloté par la Mico
Le HoverAir Versa décolle de la main, piloté par la Mico
Le HoverAir Versa décolle de la main, piloté par la mini radiocommande Mico
Le HoverAir Versa décolle de la main, piloté par la mini radiocommande Mico

HoverAir, vous connaissez peut-être déjà : nous avons testé leur drone étanche dans notre test du HoverAir Aqua. Leur spécialité, ce sont les caméras volantes, des drones qu'on ne pilote pas vraiment et qui vous suivent tout seuls. Leurs X1 ont tellement bousculé le marché que DJI a répondu avec le Neo, puis le Neo 2. Avec le Versa, HoverAir prend l'expression au pied de la lettre : quand on ouvre la boîte, on ne trouve pas un drone, mais une caméra de poche, comme une Osmo Pocket 4.

La caméra se détache du kit de vol : le cœur du concept du Versa
La caméra se détache du kit de vol : le cœur du concept du Versa

Le pack le plus complet, à 1 300 euros, contient deux batteries en plus, un chargeur, des filtres ND, un petit trépied, une ventouse pour filmer en voiture, une sacoche et une mini radiocommande, la Mico. Le plastique est de bonne qualité, les boutons, l'écran et la nacelle inspirent confiance, et la protection de nacelle, bien que volumineuse, est un vrai plus pour le transport. La transformation est très bien pensée : le kit de vol se fixe facilement, il faut juste surveiller que le petit indicateur sur le côté ne soit pas au rouge. Résultat : 163 grammes en caméra, 230 grammes en drone. Sur le papier, c'est génial, une seule machine dans la poche pour filmer au sol et dans les airs.

Interdit aux États-Unis : que s'est-il passé ?

Le pack HoverAir le plus complet, avec batteries, filtres et accessoires
Le pack HoverAir le plus complet, avec batteries, filtres et accessoires

Le 18 août, HoverAir lance le Versa avec un argument énorme : sa certification FCC, le régulateur américain des communications. C'est un gros coup, car depuis 2025, les nouveaux drones DJI sont exclus du marché américain. HoverAir semble avoir trouvé la faille : ne faire certifier que la caméra, et présenter les ailes comme un simple accessoire. Sauf que quelques jours plus tard, la FCC déclare que cette certification a été accordée par erreur et la retire. Pour elle, importer ou vendre le Versa aux États-Unis est illégal, et même la caméra seule serait un composant de drone interdit.

Attention, cela ne veut pas dire que le produit est dangereux : ces règles visent les drones et composants produits à l'étranger, pas la qualité du Versa. Mais retenez bien cette histoire : pour HoverAir, c'est une caméra ; pour les États-Unis, c'est un drone. Et cette question vous concerne aussi en France, nous y revenons plus bas.

Round 1 : la caméra face à l'Osmo Pocket 4

L'Osmo Pocket 4 de DJI, la référence des caméras de poche
L'Osmo Pocket 4 de DJI, la référence des caméras de poche

Commençons par ses qualités, car il y en a. En main, elle est agréable, surtout avec de grandes mains, et ses 163 grammes (contre environ 190 pour la concurrence) la font oublier dans la poche. Le bouton 5D est bien pensé : il déplace la caméra et sert de raccourci (un clic masque l'interface, deux clics recadrent, trois clics la retournent). Les fixations sont une bonne idée, avec un trépied métal de poche et une ventouse solide. Et surtout, le vrai atout : les batteries interchangeables. Vous tenez environ 2 heures, et quand c'est vide, vous en remettez une, sans batterie externe.

Deux Osmo Pocket côte à côte : la référence de l'image en caméra de poche
Deux Osmo Pocket côte à côte : la référence de l'image en caméra de poche

Côté image, on est sur un capteur 1/1,3 pouce, contre 1 pouce pour la Pocket 4, soit le format d'un Mini 4 Pro. 4K jusqu'à 60 images par seconde, des ralentis uniquement en 1080p (la Pocket 4 monte à de la 4K 240). Les trois focales sont des recadrages dans le capteur, pas trois objectifs, mais le grand-angle est super pour le vlog. De jour, l'image est très bien ; de nuit, elle n'est pas au niveau de ses concurrentes. Pour les réseaux sociaux, l'immobilier ou une vidéo d'entreprise, ça fait le travail, et pour 90 % des usages, ce sera mieux que votre téléphone. En revanche, elle chauffe beaucoup, l'écran reste petit, le son est basique et il n'y a pas de micro externe. Round 1 : l'Osmo Pocket 4, sans discussion.

Round 2 : le drone face au Neo 2

Le HoverAir Versa en vol, en mode drone de suivi
Le HoverAir Versa en vol, en mode drone de suivi

Là, on change de catégorie. En face, le DJI Neo 2, 239 euros et 151 grammes. Pour décoller, vous choisissez un mode de vol, vous lancez, et il part de votre main. Et des modes, il y en a beaucoup : suivi, orbite, spirale, vue du ciel, zoom arrière, zoom chariot, rotation à 360, Inception, et le stationnaire pour avoir un caméraman (bruyant, mais un caméraman). Vous pouvez aussi le commander aux gestes, même si c'est perfectible. Côté image, c'est là qu'il fait mal au Neo 2 : il garde la même caméra qu'au sol, capteur 1/1,3 pouce et nacelle 3 axes, contre 1/2 pouce et 2 axes sur le DJI. En vol, il se défend bien jusqu'à 36 km/h et résiste correctement au vent.

Mais il y a des galères. La Mico, cette mini radiocommande, n'a pas d'écran : vous cadrez à l'aveugle, et pour voir l'image il faut passer par le téléphone, l'un ou l'autre, pas les deux. Le suivi n'est pas toujours fluide, avec des à-coups à la marche. Certains menus sont en mode caméra, d'autres en mode drone. Et l'allumage par simple appui long peut se déclencher tout seul dans un sac. Round 2 pour l'image : HoverAir. Mais il y a un point sur lequel le Neo 2 l'écrase.

Le défaut qui peut tout gâcher

Le Versa tient dans une main : tout l'appareil dans une poche
Le Versa tient dans une main : tout l'appareil dans une poche

Le Versa n'a aucune détection d'obstacles. Aucune. Sur un drone dont tout l'intérêt est de vous suivre. Le Neo 2, lui, à 239 euros, détecte les obstacles dans toutes les directions avec un lidar à l'avant. En suivi, le Versa s'est pris un obstacle très facilement : à la première branche, il finit au sol. Les hélices sont protégées, mais pas la nacelle.

Un crash, et vous perdez tout : avec un drone classique, s'il casse, il vous reste votre caméra. Ici, le drone et la caméra ne font qu'un : un crash, et vous perdez votre drone ET votre caméra de vacances en une seconde. Même logique pour la batterie, partagée entre les deux : après 10 à 12 minutes de vol réel (14 annoncées), vous n'avez plus de caméra. Gardez toujours une batterie de côté, volez en zone dégagée, et gardez votre téléphone connecté pour reprendre la main.

Et comme HoverAir n'annonce aucun indice de protection, on oublie la pluie, en drone comme en caméra. Si le pilotage en autonomie vous attire, notre guide pour débuter en FPV, notre comparatif Neo 2 vs Meteor 75 Pro et notre duel Avata 2 vs Pavo 20 Pro II complètent bien ce panorama.

Le vrai prix : 500 ou 1 300 euros ?

Le Versa et ses batteries : le prix réel dépend du pack choisi
Le Versa et ses batteries : le prix réel dépend du pack choisi

Combien coûte vraiment un Versa ? La caméra seule, environ 500 euros, n'a qu'une batterie et ne vole pas, donc ce n'est pas vraiment un Versa. Le pack caméra et kit de vol, environ 750 euros, donne le concept mais avec une seule batterie pour voler et filmer, c'est un piège. Le pack Fly More, environ 890 euros, ajoute des batteries : c'est le pack minimum viable, celui-là ou rien. Le Creator Combo, environ 1 300 euros, est très complet mais coûte 400 euros de plus.

Le calcul qui fait mal : une Osmo Pocket 4 à 499 euros plus un Neo 2 à 239 euros, cela fait 738 euros, soit à peu près le prix du Versa avec son kit de vol. Et là, vous avez un plus grand capteur au sol, la détection d'obstacles en l'air, et vous pouvez filmer avec les deux en même temps. Alors pourquoi payer le Versa ? Pour une seule raison : tout tient dans une seule poche, et ça, DJI ne le propose pas. C'est cher, mais vu l'innovation, ce n'est pas déconnant. Pour peser le pour et le contre, voyez aussi notre comparatif pour bien choisir son drone en 2026.

Et en France, c'est légal ?

Bonne nouvelle : contrairement aux États-Unis, il n'est pas interdit. Avec ses 230 grammes, il est classé C0, donc vous volez en catégorie ouverte A1 : pas d'examen obligatoire, et vous pouvez voler près des personnes, mais jamais au-dessus d'un rassemblement. Mais voilà le piège : le fondateur de HoverAir évite le mot « drone », car il fait peur, et préfère parler de caméra volante. Pour la réglementation, c'est pourtant bien un drone. Vous achetez une caméra et vous devenez télépilote sans le savoir.

Comme il filme, vous devez vous enregistrer sur AlphaTango et coller votre numéro d'exploitant dessus. En mode suivi, il doit rester à moins de 50 mètres et vous devez pouvoir reprendre le contrôle. Surtout, le vlog aérien en centre-ville est interdit hors activité professionnelle, tout comme voler dans l'espace public en agglomération. Avant chaque vol, vérifiez la carte des restrictions sur Géoportail. Nous vous conseillons de passer le A1/A3, en ligne et gratuit, et si vous voulez filmer pour des clients, cela devient un vrai métier, avec ses règles : c'est exactement ce que nous enseignons dans notre formation télépilote.

CritèreHoverAir VersaOsmo Pocket 4 + Neo 2
ConceptCaméra qui se transforme en droneDeux appareils séparés
Capteur (sol)1/1,3 pouce1 pouce (Pocket 4)
Détection d'obstaclesAucuneOmnidirectionnelle (Neo 2)
Deux appareils en même tempsNon (une seule machine)Oui
En cas de crashOn perd toutOn garde la caméra
EncombrementTout dans une pocheDeux appareils à porter
Prix (pack conseillé)≈ 890 € (Fly More)≈ 738 à 898 €

Verdict : à qui le conseiller ?

Au final, nous nous sommes trompés : la caméra est honnête, même un peu chère, et le drone est un vrai HoverAir, avec ses qualités et ses défauts. Pour une première version, c'est une très bonne surprise. HoverAir a osé ce que DJI n'a jamais fait, et c'est sans doute la caméra que DJI aurait dû inventer. N'achetez pas le Versa si vous voulez juste une caméra de poche (prenez une Pocket 4), juste un drone qui vous suit (prenez un Neo 2), si vous filmez en forêt entre les arbres (sans détection d'obstacles, c'est le crash assuré), ou si vous cherchez des images de cinéma.

Mais si vous voulez une seule machine dans la poche, pour filmer vos vacances à la main et dans les airs, c'est celui que nous recommandons, à une condition : prenez au minimum le pack Fly More, et volez en zone dégagée. Et si le drone vous attire comme activité, découvrez combien gagne un télépilote, les 8 débouchés porteurs, la liste des métiers du drone, les secteurs où le drone rapporte le plus, ou comment vivre du drone et vivre du montage vidéo.

Votre caméra volante est aussi un drone

Enregistrement, zones de vol, cadre pro : savoir voler en règle change tout. C'est ce que nous enseignons à La Nouvelle École.

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Questions fréquentes

Le HoverAir Versa est-il un drone ou une caméra ?

Les deux. En main, c'est une caméra stabilisée de poche ; en clipsant le kit de vol, elle devient un drone de suivi de 230 grammes. Mais attention : pour la réglementation française, c'est bien un drone, avec toutes les obligations qui vont avec (enregistrement, numéro d'exploitant).

Pourquoi le Versa est-il interdit aux États-Unis ?

Sa certification FCC a été retirée quelques jours après son lancement, jugée accordée par erreur. Depuis 2025, les nouveaux drones et composants de drones produits à l'étranger sont exclus du marché américain. Cette interdiction concerne la réglementation d'import, pas la qualité ni la sécurité du produit, qui reste vendu en France.

Faut-il passer un examen pour voler avec en France ?

Avec ses 230 grammes, le Versa est classé C0 et vole en catégorie ouverte A1 : pas d'examen obligatoire. Mais comme il filme, vous devez vous enregistrer sur AlphaTango et apposer votre numéro d'exploitant. Nous conseillons de passer l'attestation A1/A3, gratuite et en ligne, pour savoir ce que vous faites.

Quel pack HoverAir Versa choisir ?

Évitez la caméra seule (pas de vol) et le pack à une seule batterie (piège : la batterie est partagée entre le vol et la caméra). Le pack Fly More, autour de 890 euros, est le minimum viable car il ajoute des batteries. Le Creator Combo à 1 300 euros est très complet mais coûte 400 euros de plus.

Le Versa ou une Osmo Pocket 4 avec un Neo 2 ?

Pour à peu près le même prix, la Pocket 4 et le Neo 2 offrent un plus grand capteur au sol, la détection d'obstacles en vol, et la possibilité de filmer avec les deux en même temps. Le seul vrai avantage du Versa, c'est que tout tient dans une seule poche. Si l'encombrement est votre priorité, le Versa ; sinon, le duo DJI est plus polyvalent.

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