Test du HoverAir Aqua : le premier drone 100 % étanche
Un drone qui décolle depuis l'eau, flotte, vole sous la pluie et vous suit en kayak ou en foil : le HoverAir Aqua est le premier drone grand public 100 % étanche (certifié IP67). Sur le papier, l'engin parfait pour les sports nautiques. Dans la réalité, c'est plus nuancé. Voici notre test complet.
À retenir
- HoverAir Aqua : le premier drone grand public 100 % étanche (IP67), sans concurrent.
- Décolle de l'eau, flotte et vole sous la pluie. Suivi autonome via brassard LightHouse (RTK).
- Image : capteur 1/1,28", 4K 100 img/s, objectif hydrophobe, 128 Go.
- Gros défaut : aucune détection d'obstacles (crash assuré hors zones dégagées).
- Autonomie : ~20 min réelles. Pack minimum viable : Fly More (3 batteries, ~1499 €).
- 249 g : classe C0 / A1, cadre réglementaire permissif (mais bords de mer souvent interdits).
Pourquoi ce drone est unique
HoverAir (Zero Zero Robotics) s'est fait connaître avec ses caméras volantes autonomes : des drones qui ne se pilotent pas, mais qui vous suivent. Vous choisissez un mode de vol, le drone décolle de votre main, vous filme et revient. Leurs Hover X1 et X1 Pro ont été de tels succès qu'ils ont poussé DJI à répliquer avec ses Neo.
L'Aqua est le premier drone grand public 100 % étanche (IP67), capable de décoller et d'atterrir sur l'eau, de flotter et de voler sous la pluie. Sur ce créneau, il n'a littéralement aucun concurrent : même DJI n'a rien d'équivalent à son catalogue.
Avec des packs situés entre environ 1299 et 1699 €, la promesse est forte. Nous avons voulu vérifier si elle était tenue. Réponse : oui… et non. Et le « non » a failli coûter très cher.
Conception : pensée pour l'eau
Le drone arrive dans un packaging très soigné : drone, batteries, sac étanche pour batteries, hub de chargement, kit de réparation et manuel (à lire, car l'engin n'est pas intuitif). Son boudin orange n'est pas qu'esthétique : c'est à la fois une protection d'hélices et un flotteur.
Détail malin : les moteurs sont inversés, hélices vers le bas et protections sur le dessus, pour décoller depuis l'eau. Conséquence : on attrape toujours ce drone par le dessus, jamais par le dessous. Deux points de vigilance dès le déballage :
Nacelle exposée : posé au sol, l'objectif touche directement la surface, sans protection fournie. Un objectif rayé n'est pas réparable.
Pas de sac de transport inclus à ce prix, et un boudin orange qui, mal rangé, peut se déformer et bloquer les hélices.
Sur le dessus : le bouton d'allumage. À l'avant : un écran AMOLED de 1,6 pouce avec quatre boutons, d'où l'on pilote quasiment tout (modes, réglages, visionnage).
La LightHouse : le cerveau du système
La LightHouse est un brassard de suivi à positionnement RTK, d'une précision centimétrique, la même techno que les drones professionnels de topographie. Le drone sait exactement où vous êtes, même s'il vous perd de vue. Depuis le brassard, on gère décollage, atterrissage, retour et un léger cadrage (plus haut, plus bas, rotation). Entièrement étanche, il flotte et tient environ 5 heures d'autonomie.
Deux réserves toutefois : aucun retour vidéo sur la LightHouse (vous cadrez à l'aveugle), et des annonces vocales incessantes et fortes (« LightHouse connectée / déconnectée »). Cette instabilité de connexion aura son importance.
Les promesses tenues
L'étanchéité : franchement tenue, et c'est un vrai game changer. Voler à 50 cm au-dessus des vagues sans angoisse est une sensation inédite. S'il touche l'eau, il flotte et repart. Et il vole sous la pluie, ce qu'aucun autre drone grand public n'autorise.
Décollage/atterrissage sur l'eau : tenue, avec un astérisque. Sur eau calme, c'est magique. Mais dans la houle ou en mer agitée, le radar à ondes millimétriques analyse la surface et peut refuser de décoller. Bon point : retourné, il se remet droit tout seul.
Le suivi : bluffant quand il fonctionne. Impeccable en kayak, en foil, en bateau jusqu'à 20 nœuds. Plus de dix modes personnalisables (SUP, Kayak, Foil, orbite, spirale, 360…), avec des orbites très cinéma.
La qualité d'image : capteur CMOS 1/1,28" (format proche du DJI Mini 4 Pro), 4K jusqu'à 100 img/s, HDR, H-Log 10 bits, 128 Go de stockage. Pas de la qualité cinéma, mais des images propres pour les réseaux et YouTube. Mention spéciale à l'objectif hydrophobe et antibuée, vraiment efficace.
Les galères
C'est là que le drone montre ses limites, et elles sont réelles :
Les décollages : le drone échoue souvent à vous « fixer » au démarrage, surtout en mouvement ou caméra mal orientée. Gérable sur eau calme, pénible en pleine activité.
Aucune détection d'obstacles : LE gros point noir. Ce n'est pas un bug, c'est écrit dans la FAQ officielle. Le drone suit votre position, point. En forêt ou en VTT dans la végétation, le crash est assuré : à réserver aux zones dégagées.
L'autonomie réelle : 23 min annoncées, comptez plutôt ~20 min sur l'eau. Et le changement de batterie est un protocole : l'intérieur n'est pas étanche (une bande hydrosensible impose un séchage si de l'humidité entre), délicat avec les mains mouillées.
La récupération : améliorée par mise à jour, mais le drone vous détecte parfois comme un obstacle et recule quand vous tendez la main. Souvent, le plus simple est de le poser sur l'eau et d'aller le chercher.
Et il y a eu ce vol : la LightHouse répétant « connectée… déconnectée… », puis le drone figé en vol stationnaire au-dessus de l'eau, ne répondant plus à aucune commande. 1500 € suspendus au-dessus de l'eau, impuissant sur l'embarcation. Récupéré de justesse, mais ce moment résume le drone : capable du meilleur, et de vous donner des sueurs froides.
Fiche technique du HoverAir Aqua
Fiche technique HoverAir Aqua
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Étanchéité | IP67, flottant, décollage sur l'eau |
| Poids | 249 g (classe C0 / A1) |
| Capteur | CMOS 1/1,28" |
| Vidéo | 4K jusqu'à 100 img/s, HDR, H-Log 10 bits |
| Stockage | 128 Go intégrés |
| Suivi | Brassard LightHouse, positionnement RTK |
| Détection d'obstacles | Aucune |
| Autonomie | ~23 min annoncées (~20 min réelles) |
| Modes de vol | 10+ (SUP, Kayak, Foil, orbite, 360…) |
| Prix (packs) | ~1299 à 1699 € selon le pack |
Réglementation : ce qu'il faut savoir
Bonne nouvelle : à 249 grammes, l'Aqua entre en classe C0, catégorie Open A1. Concrètement, pas de formation obligatoire et le survol de personnes isolées est toléré : le cadre le plus permissif qui existe. Nous recommandons toutefois de passer au minimum le A1/A3 (en ligne et gratuit) pour voler en connaissance de cause.
Vérifiez toujours la carte des restrictions sur Géoportail avant chaque vol : en France, les bords de mer sont souvent en zone interdite. Le drone volant en autonomie et sans retour vidéo, gardez-le à vue, restez vigilant, et n'oubliez pas qu'un observateur peut être requis. L'étanchéité ne dispense d'aucune règle de sécurité.
Quel pack choisir ? Le verdict
Faut-il mettre 1500 € dans ce drone ? Tout dépend du pack :
Pack Standard (~1299 €) : drone, LightHouse, une seule batterie (15-20 min réelles). Insuffisant pour une sortie en mer : à éviter.
Pack Fly More (~1499 €) : 3 batteries + hub de chargement. Le pack minimum viable, c'est celui-là ou rien.
Pack Land & Sea (~1699 €) : ajoute le Beacon avec joysticks (pilotage manuel avec écran) et une zone de décollage. Intéressant, mais à ce tarif la concurrence des drones pilotables classiques (quatre fois moins chers) se rappelle à vous. Son vrai argument : voler sous la pluie en pilotage manuel.
- Seul drone 100 % étanche (IP67)
- Décolle de l'eau, vole sous la pluie
- Suivi autonome bluffant (RTK)
- Objectif hydrophobe efficace
- 249 g : cadre réglementaire souple
- Aucune détection d'obstacles
- Pas de retour vidéo sur le brassard
- Autonomie réelle limitée (~20 min)
- Récupération parfois laborieuse
- Prix élevé, produit encore jeune
À qui s'adresse le HoverAir Aqua ?
Ce drone vise une niche dans la niche : les pilotes passionnés de nautisme, les professionnels du secteur (moniteurs de voile, bases nautiques, skippers) qui veulent des images aériennes sans risquer un drone classique au-dessus de l'eau, et ceux qui acceptent un produit encore jeune, avec ses bugs et ses mises à jour. Sur cette niche, il est seul au monde : aucune alternative n'existe. Mais cette exclusivité a un prix que peu de télépilotes sont prêts à mettre aujourd'hui.
Les images qu'il permet de ramener, aucun autre drone ne les offre. Est-ce qu'on le recommande ? À une petite minorité d'utilisateurs, très ciblée, qui se reconnaîtra.
Conclusion : formez-vous au pilotage de drone
Le HoverAir Aqua est une prouesse technique qui ouvre un usage inédit, mais reste un produit de niche, jeune et exigeant. Comme toujours, une machine ne remplace pas la compétence : connaître la réglementation, les modes de vol et les bons réflexes fait toute la différence entre une belle image et un drone perdu.
Envie de piloter un drone en toute légalité et en sécurité ? La Nouvelle École propose des formations au télépilotage de drone, dont un parcours certifiant, éligibles au CPF.
Questions fréquentes
Le HoverAir Aqua est-il vraiment étanche ?
Oui, c'est sa grande force. Certifié IP67, il flotte, décolle et atterrit sur l'eau, et vole sous la pluie, ce qu'aucun autre drone grand public ne permet. Attention toutefois : l'intérieur (compartiment batterie) n'est pas étanche, une bande hydrosensible impose un séchage si de l'humidité y pénètre lors du changement de batterie.
A-t-il une détection d'obstacles ?
Non, et c'est son principal défaut. C'est confirmé dans la FAQ officielle : le drone suit votre position, sans détecter les obstacles. Il faut donc l'utiliser dans des zones dégagées. En forêt ou en VTT dans la végétation, le crash est quasi assuré. Il est vraiment conçu pour les environnements ouverts comme l'eau.
Faut-il une formation pour le piloter en France ?
À 249 g, il entre en classe C0 (catégorie Open A1) : pas de formation obligatoire et survol de personnes isolées toléré. Nous recommandons tout de même de passer le A1/A3, gratuit et en ligne. Et vérifiez toujours les zones autorisées sur Géoportail : en France, les bords de mer sont souvent interdits de vol.
Quel pack HoverAir Aqua choisir ?
Évitez le pack Standard (une seule batterie, 15-20 min de vol réelles). Le pack Fly More (3 batteries + hub, environ 1499 €) est le minimum viable pour une vraie sortie. Le pack Land & Sea ajoute un pilotage manuel par joysticks, intéressant surtout pour voler sous la pluie en manuel.
Pour qui ce drone est-il fait ?
Pour une niche très ciblée : passionnés de sports nautiques et professionnels (moniteurs de voile, bases nautiques, skippers) qui veulent des images aériennes sur l'eau sans risquer un drone classique. Sur ce créneau, il n'a aucun concurrent, mais son prix et sa jeunesse le réservent à un public averti et patient.

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