Test du PlateCycler C1 : automatiser sa Bambu Lab A1 pour 80 €
Lancer une série d'impressions le vendredi soir et retrouver huit plateaux imprimés le lundi matin, sans toucher la machine : c'est la promesse du PlateCycler C1, un kit à ~80 € qui change les plateaux de votre Bambu Lab A1 tout seul. Sans moteur, sans électronique. Trop beau pour être vrai ? Nous l'avons testé. Verdict, et les subtilités que le fabricant ne dit pas.
À retenir
- PlateCycler C1 : kit à ~80 € qui change les plateaux de la Bambu Lab A1 automatiquement.
- 100 % mécanique : aucun moteur ni électronique, garantie Bambu préservée.
- Jusqu'à 8 plateaux : on lance une série et on récupère les pièces plus tard.
- Logiciel simple (web ou hors ligne), aucune ligne de G-code à écrire.
- Le défaut : ~90 % de réussite (pas 99 %), et les pannes sont silencieuses (pas de capteur).
- Idéal : petites pièces en série (PLA). À éviter : grosses pièces uniques, manque de place (108 cm).
D'où vient l'idée ?
Ce n'est pas Chitu Systems qui a inventé le concept. L'idée d'un changement de plateau automatique sur la A1 est née en 2024 sur le forum Bambu Lab : un utilisateur poste un concept, le sujet s'enflamme, un Kickstarter est lancé et cartonne. La communauté s'en empare, des remix gratuits fleurissent sur MakerWorld, avec des pièces à imprimer soi-même. Le hic : ces versions DIY demandent des heures d'impression et une modification manuelle du G-code ou du firmware, réservée aux bidouilleurs.
C'est là qu'arrive Chitu Systems (connus pour Chitubox, le slicer de référence en résine). Partant du travail de la communauté, ils ont fait ce qu'une entreprise sait faire : industrialiser. Pièces en injection plastique renforcées fibre de verre, kit complet, et un logiciel pour ne plus jamais toucher une ligne de G-code. Première version sur la A1 mini fin 2025, puis sur la A1, l'une des machines les plus vendues du moment. Un projet public par nature, dont une marque peut légitimement s'inspirer, une démarche courante en impression 3D.
Comment ça marche ? Un mécanisme malin, sans électronique
Le PlateCycler ne comporte aucun moteur, capteur ni carte électronique : il détourne les mouvements que l'imprimante fait déjà pour charger et éjecter les plateaux. D'où une conséquence majeure : la garantie Bambu Lab n'est pas touchée.
Le chargement : à l'arrière, on empile les plateaux, chacun équipé d'une petite poignée en plastique. Quand le lit chauffant recule à fond, un crochet attrape la poignée, le plateau se pose sur le lit magnétique, et la pile le pousse en position. Aimanté, l'impression démarre.
L'éjection : en fin d'impression, la tête monte et vient taper un bras de levier fixé en haut du portique. Ce bras, relié par une tige à une languette à l'avant, soulève celle-ci ; le lit avance, la languette pince le plateau imprimé, le décroche du lit magnétique et l'éjecte vers l'avant. Le lit repart chercher le suivant.
Zéro électronique, zéro câble, zéro modification permanente. Autres avantages : pas de firmware (donc pas de bug logiciel possible), et un produit réparable (Chitu met les fichiers 3D sur Printables pour réimprimer une pièce cassée). Vous le démontez, la machine est comme avant.
Les plateaux sont éjectés vers l'avant et tombent sur le plan de travail. Placez un bac garni de mousse à l'avant : la chute peut endommager les objets imprimés, surtout les pièces fines et hautes qui se cassent facilement.
Installation et logiciel
L'installation prend une quinzaine de minutes, tout est dans la boîte, la finition est soignée. Chitu fournit un fichier test qui simule les changements de plateau sans imprimer, pour vérifier l'alignement. Un conseil : si vous déplacez l'imprimante ensuite, refaites ce test, car le chargeur arrière peut se décaler d'un ou deux millimètres, ce qui suffit à bloquer le chargement.
Le logiciel est le second point fort. Vous préparez vos fichiers normalement dans votre slicer, les exportez (3MF ou G-code), puis les glissez sur l'outil PlateCycler : vous choisissez l'ordre, le nombre de répétitions, et un temps d'attente entre plateaux pour le refroidissement (ce qui aide au décollage). L'outil calcule le filament et le temps, puis génère un seul G-code combiné avec les instructions d'éjection, de chargement et de calibration. Aucune ligne de G-code à écrire. Bon point pour la confidentialité : une version hors ligne existe, tout reste sur votre ordinateur. Seul reproche : ce n'est pas intégré à Bambu Studio, il faut passer par cet outil externe à chaque fois.
Nos tests : là où ça coince
Sur le papier, c'est séduisant. En pratique ?
Le fichier test (changements sans impression) s'enchaîne de façon fluide, presque hypnotique… jusqu'à ce qu'un plateau ne se décolle pas du lit : la languette n'arrive pas à l'attraper. Et là, le vrai problème : la machine ne le sait pas. Le G-code continue, elle tente de charger le suivant, et tourne dans le vide. Sur trois passages du fichier test, un plantage.
Série 1 (le cas d'école) : des petits animaux articulés en PLA, imprimés par plateaux entiers, exactement ce que vendent des centaines de boutiques Etsy. Là, ça marche : les plateaux s'enchaînent, les pièces tombent à l'avant, on récupère le lendemain. C'est le scénario pour lequel le système est fait.
Série 2 (plus exigeante) : un projet multi-pièces, une pièce par plateau sur huit plateaux. Les trois premiers : parfaits. Le quatrième : le système n'arrive pas à l'attraper. Et comme la machine ne détecte rien, elle imprime le cinquième fichier par-dessus la pièce déjà présente. Tout ce qui suit est perdu. C'est ça, le vrai risque : pas la panne, mais son silence. Sans capteur, pas d'alerte : un plantage à 2 h du matin sur le plateau 4, et vous perdez les plateaux 5 à 8, filament compris.
Série 3 (pièces fines et hautes) : ici le souci n'est pas le système, mais la chute : en tombant à l'avant, une pièce haute et fine a tendance à se casser. Pour produire une série de tours Eiffel, ce n'est pas la solution idéale.
Le chiffre : 90 %, pas 99 %
Chitu annonce 99 % de réussite (testé plus de 5 000 fois). Sur nos essais, on est plutôt à 90 % : environ un changement sur dix qui échoue.
Deux nuances honnêtes. D'abord, ce n'est pas propre à Chitu : les systèmes concurrents et open source ont le même souci. Décoller un plateau PEI d'un lit magnétique avec une simple languette est physiquement délicat ; une plaque légèrement décalée ou une pièce qui accroche, et ça bloque. Chitu l'admet à demi-mot (une barre transversale a été ajoutée à l'avant sur la version A1, car les prototypes avaient déjà ce souci). Ensuite, on peut réduire le risque : ajouter un temps de refroidissement entre plateaux, vérifier l'alignement avec le fichier test avant chaque grosse série, éviter les pièces à très grande surface d'adhérence, et placer un bac à l'avant. Mais soyons clairs : c'est loin d'être infaillible.
Réduire le risque de plantage
- Ajouter un temps de refroidissement entre les plateaux dans le logiciel : la plaque se décolle mieux.
- Vérifier l'alignement avec le fichier test avant chaque grosse série.
- Éviter les pièces à très grande surface d'adhérence, difficiles à décoller.
- Placer un bac à l'avant pour que les plateaux éjectés ne se gênent pas.
- Ne pas forcément empiler huit plateaux d'un coup sur les pièces à forte valeur.
À qui s'adresse le PlateCycler C1 ?
4 profils pour qui c'est fait
- Le vendeur Etsy / petit atelier qui produit toujours les mêmes petites pièces en PLA. Le cas parfait.
- La production en tâche de fond : designers et pros qui veulent arrêter de changer une plaque toutes les deux heures.
- L'imprimeur de nuit : on lance le soir, on récupère le matin, avec un bac de réception à l'avant.
- Les projets multi-pièces : fichiers en 5-6 morceaux, à condition d'accepter le risque du plantage silencieux.
À éviter si : vous manquez de place (l'ensemble fait 108 cm de profondeur une fois installé, soit le double de l'encombrement de la machine) ; vous imprimez surtout des grosses pièces uniques ou des matériaux techniques (le système est pensé pour la répétition) ; ou vous voulez quelque chose qui marche à 100 % sans surveillance, ce qui n'est pas encore le cas.
Verdict : une mini-usine, mais à surveiller
Le PlateCycler C1 est un produit intelligent, bien fini et facile à prendre en main, à un prix imbattable. Chitu n'a pas inventé le concept, mais a le mérite de l'avoir rendu accessible. Reste que ce qui prime en impression 3D, c'est la fiabilité, et une erreur sur dix, silencieuse, reste trop pour un usage réellement « sans surveillance ». Alors, transforme-t-il votre A1 en mini-usine ? Oui… mais une usine qu'il faut encore surveiller.
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Questions fréquentes
Le PlateCycler annule-t-il la garantie Bambu Lab ?
Non. Le système est 100 % mécanique et ne modifie pas la machine de façon permanente : pas de moteur, pas de câble, pas de firmware. C'est un accessoire qui se visse et se démonte. Une fois retiré, l'imprimante est exactement comme avant, ce qui préserve la garantie.
Est-ce vraiment fiable à 99 % ?
Le fabricant annonce 99 %, mais dans nos tests, on est plutôt autour de 90 %, soit environ un changement sur dix qui échoue. Ce n'est pas propre à Chitu : tous les systèmes de ce type ont ce souci, car décoller un plateau PEI d'un lit magnétique reste délicat. Le vrai risque est que la panne est silencieuse, sans capteur ni alerte.
Pour quels projets le PlateCycler est-il fait ?
Pour la production répétée de petites pièces en PLA : figurines articulées, objets de boutique Etsy, séries en boucle. C'est aussi utile pour l'impression de nuit ou les projets multi-pièces. En revanche, il est déconseillé pour les grosses pièces uniques, les matériaux techniques ou les pièces fines et hautes qui se cassent en tombant.
Faut-il modifier le G-code soi-même ?
Non, c'est justement l'apport de Chitu par rapport aux versions DIY. Vous préparez vos fichiers dans votre slicer, puis l'outil PlateCycler (web ou hors ligne) génère automatiquement le G-code combiné avec les instructions de changement de plateau. Aucune ligne à écrire à la main.
Combien de place faut-il prévoir ?
Beaucoup. Une fois installé, l'ensemble atteint environ 108 cm de profondeur, soit le double de l'encombrement de la A1 seule. Il faut donc un plan de travail dégagé et assez profond. Sur un simple bureau, ça ne passe pas : c'est un critère à vérifier avant l'achat.

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