Bambu Lab A1 ou Elegoo Centauri Carbon 2 : laquelle choisir pour débuter ?

À retenir

  • Qualité : match nul : les deux machines impriment aussi bien sur presque tous les tests.
  • Vitesse : avantage CC2 : 20 à 45 % plus rapide, et presque 2 heures gagnées en multicolore.
  • Matériaux : la CC2 va plus loin : fermée, elle imprime l'ABS, l'ASA, le PC et les filaments carbone. La A1 reste au trio PLA, PETG, TPU.
  • Précision : léger avantage CC2 : plus proche de la cote au pied à coulisse.
  • Écosystème : Bambu plus abouti et confortable, Elegoo plus ouvert (firmware open source).
  • Verdict : la A1 pour du PLA sans prise de tête, la Centauri Carbon 2 pour progresser sans racheter de machine.
Bambu Lab A1 ou Elegoo Centauri Carbon 2

« Quelle est la meilleure imprimante 3D pour débuter ? » C'est la question qu'on nous pose tous les jours, en commentaire, en message, et même en formation. Et à chaque fois, deux noms reviennent : la Bambu Lab A1, le best-seller de la marque, et l'Elegoo Centauri Carbon 2, la petite nouvelle sortie début 2026. Même prix, mais des fiches techniques très différentes. Pour trancher, nous avons mis les deux machines face à face dans notre atelier : même fichier, même filament, mêmes réglages standard, aucun paramètre touché. Neuf rounds, un round bonus, un seul vainqueur. Voici les résultats, round par round, et le verdict.

Bambu A1 ou Centauri Carbon 2 pour débuter en 2026 ? Les deux font jeu égal sur la qualité d'impression. Mais à prix équivalent, la Centauri Carbon 2 est plus rapide (20 à 45 % sur la plupart des tests), plus stable sur les pièces difficiles, un peu plus précise, et surtout fermée : elle imprime l'ABS, l'ASA, le PC et les filaments chargés que la A1 ne peut pas faire. Pour une machine qui accompagne la progression, c'est la Centauri Carbon 2.

Les deux concurrentes

Les deux marques n'ont pas la même histoire. Bambu Lab est arrivée sur le marché du FDM en 2022 avec une idée simple : faire une imprimante qui fonctionne comme un produit grand public. On la sort du carton, elle se calibre, on imprime. Matériel et logiciel sont pensés ensemble, ce qui est devenu la norme aujourd'hui, mais c'est bien Bambu qui l'a imposé. Elegoo, présente depuis 2014, a l'ADN inverse : d'abord connue pour ses imprimantes résine, la marque excelle à reprendre des technologies réservées aux professionnels et à casser les prix grâce à une production massive.

La Bambu Lab A1

Sortie fin 2023, bientôt trois ans sur le marché (presque une éternité en impression 3D). C'est une machine ouverte en architecture « bed-slinger » : le plateau fait des allers-retours d'avant en arrière, la tête se déplace de gauche à droite et de haut en bas. Une architecture éprouvée, mais avec un défaut connu : sur les pièces hautes et fines, les mouvements du plateau peuvent faire bouger la pièce jusqu'à la décoller. Son plateau de 256 × 256 mm est devenu un standard, en partie grâce à elle. Sa vraie force, c'est la simplicité : elle calibre seule la hauteur de buse, le niveau du plateau, les vibrations et la pression de buse avant chaque impression. Et son joker, l'AMS Lite, apporte le multicolore 4 bobines sur une machine d'entrée de gamme (environ 360 € aujourd'hui en version combo). Son point faible : étant ouverte, elle se limite au trio PLA, PETG, TPU. Très bien pour commencer, mais on touche vite un plafond de verre.

Bambu Lab A1

L'Elegoo Centauri Carbon 2

Lancée en janvier 2026, au même niveau de prix (439 € au lancement en version combo, environ 360 € aujourd'hui) et au même volume (256 × 256 × 256 mm). Côté fiche technique, trois grosses différences. D'abord l'architecture CoreXY : le plateau ne fait plus d'allers-retours, il descend doucement couche après couche pendant que la tête se déplace en X et Y, d'où beaucoup moins de vibrations (c'est l'architecture que la plupart des fabricants adoptent aujourd'hui). Ensuite, elle est fermée : caisson avec grille d'aération pilotée et filtre HEPA à charbon actif, ce qui ouvre la porte à l'ABS, l'ASA et même au polycarbonate. Enfin, une buse en acier trempé de série montant à 350 °C, capable d'encaisser les filaments chargés en fibre de carbone ou de verre. En bonus, la marque annonce 45 dB en mode silencieux, et son système multicolore maison CANVAS fixe les 4 bobines sur le côté, moins encombrant que l'AMS Lite.

A1 vs Centauri Carbon 2

Critère Bambu Lab A1 Elegoo Centauri Carbon 2
Architecture Bed-slinger (plateau mobile) CoreXY (moins de vibrations)
Caisson Ouverte Fermée, filtre HEPA + charbon
Matériaux PLA, PETG, TPU + ABS, ASA, PC, fibres (carbone, verre)
Buse Laiton de série Acier trempé, jusqu'à 350 °C
Volume 256 × 256 mm 256 × 256 × 256 mm
Multicolore AMS Lite (4 bobines, déporté) CANVAS (4 bobines sur le côté, TPU possible)
Prix combo (indicatif) ≈ 360 € ≈ 360 € (439 € au lancement)
Elegoo Centauri Carbon 2

Les 9 rounds de test

Round 1 : le Benchy

Le classique de la communauté, qui teste ponts, surplombs et petits détails. Résultat : deux très beaux Benchy, avec les mêmes petits défauts des deux côtés. La seule différence esthétique (une première couche un peu plus visible sur la CC2) vient du plateau lisse utilisé, pas de la machine. Mais le chrono tranche : 52 minutes pour la A1 contre 37 pour la CC2, soit 15 minutes d'avance pour la même qualité. Round 1 : CC2. Score 0-1.

Round 2 : la pièce haute et fine

On attaque le point faible attendu de la A1 avec une grande pièce peu en contact avec le plateau. À la moitié de l'impression, la pièce se décolle du plateau de la A1, même avec une bordure. La CC2 la sort parfaitement en 1 h 32. En toute honnêteté, cette pièce passerait sur la A1 en baissant la vitesse, mais le test était en réglages standard, ce que vivra un débutant. Round 2 : CC2. Score 0-2.

Round 3 : le KSR test

Une pièce qui cumule ponts, surplombs, pics fins et changements de direction. Là, c'est serré : petit avantage A1 sur l'angle de surplomb, petit avantage CC2 sur les pics fins. Qualité : match nul. Mais encore le chrono : 2 h 07 contre 1 h 44, plus de 20 minutes d'écart. Round 3 : CC2, à l'arraché. Score 0-3.

Round 4 : la précision dimensionnelle

On imprime un cube de calibration de 30 mm, mesuré au pied à coulisse. La A1 donne 29,7 à 29,8 mm (jusqu'à 3 dixièmes manquants), la CC2 29,9 à 30 mm (un seul dixième, plus proche de la cote). Pour un emboîtement précis, ces 3 dixièmes peuvent coincer. Et la CC2 l'imprime en 22 minutes contre 39. Round 4 : CC2. Score 0-4.

Round 5 : la répétabilité

Cinq hélices d'ADN identiques pour tester la régularité. Résultat : aucun problème, les deux machines sortent cinq pièces de qualité constante. La CC2 reste plus rapide (40 minutes contre 1 h 13 par pièce), mais sur la régularité, sans-faute des deux côtés. Égalité. Score 1-5.

Bambu Lab A1

Round 6 : le TPU

Un filament souple, qui demande une extrusion bien contrôlée. Les deux machines sont réputées pour bien gérer le TPU, et elles le confirment sur un canard en TPU 95A : rien à redire, 1 h 54 pour la A1, 1 h 48 pour la CC2. À noter, le système CANVAS permet le TPU multicolore, pas l'AMS Lite. Égalité. Score 2-6.

Round 7 : l'ABS

Le round qui fait la différence entre une machine ouverte et une machine fermée. L'ABS et l'ASA, très sensibles aux variations de température, se déforment sans enceinte (le warping). Sur la A1, le slicer refuse simplement de lancer l'impression, ce qui est logique pour une machine ouverte. La CC2, conçue pour ça, sort une impression propre sans aucun warping. Un point un peu attendu, mais décisif le jour où vous voulez des pièces qui résistent à la chaleur ou aux UV. Round 7 : CC2. Score 2-7.

⚠️

ABS et ASA : attention aux fumées. À l'impression, l'ABS et l'ASA dégagent du styrène et des particules ultrafines. Une enceinte fermée avec filtre réduit fortement l'exposition, d'où l'intérêt du caisson et du filtre HEPA à charbon de la Centauri Carbon 2. Imprimez toujours ces matériaux dans un local ventilé et ne restez pas à côté de la machine.

Round 8 : la grande pièce

Une Tour Eiffel de 250 mm sans support, plus de 8 heures d'impression chacune. Difficile de les différencier : mêmes petits défauts aux mêmes endroits. Pour une fois, la CC2 est la plus lente (8 h 50 contre 8 h 40), mais avec 12 g de filament en moins (69,5 g contre 81,9 g). Égalité. Score 3-8.

Round 9 : le multicolore

Probablement le round le plus attendu, car beaucoup de débutants achètent ces machines pour la couleur. Un petit crabe en 4 couleurs, AMS Lite contre CANVAS. Qualité identique, purge quasi identique (37 g contre 38 g). Mais le temps surprend : 4 h 26 pour la A1 contre 2 h 38 pour la CC2, presque 2 heures d'écart. L'explication tient à la conception : sur la CC2, les bobines fixées sur le côté font un trajet très court à chaque changement, tandis que l'AMS Lite déporté de la A1 doit rembobiner beaucoup plus de filament via un long tube PTFE. Sur une pièce à centaines de changements, ça s'accumule. Round 9 : CC2. Score 3-9.

Récap des 9 rounds

Round A1 CC2 Vainqueur
1. Benchy52 min37 minCC2
2. Pièce haute et fineDécollée1 h 32CC2
3. KSR test2 h 071 h 44CC2
4. Précision (cube 30 mm)29,7–29,8 mm29,9–30 mmCC2
5. Répétabilité (×5)1 h 13 / pièce40 min / pièceÉgalité
6. TPU1 h 541 h 48Égalité
7. ABSImpossiblePropreCC2
8. Grande pièce (250 mm)8 h 40 / 81,9 g8 h 50 / 69,5 gÉgalité
9. Multicolore (4 couleurs)4 h 262 h 38CC2
Score final (bonus inclus)410CC2

Round bonus : l'écosystème

Un dernier point qui ne se joue pas sur une impression. Côté Bambu, l'écosystème est l'un des plus aboutis : slicer, appli, calibrations, tout est fluide et rassurant pour un débutant, mais il est fermé. Début 2025, une mise à jour exigeant une autorisation pour piloter les machines depuis des logiciels tiers a provoqué une polémique, avant l'ajout d'un mode développeur pour garder un accès local. Côté Elegoo, le firmware de la CC2 est publié en open source sur GitHub : la communauté peut l'étudier, le modifier, l'améliorer. L'un est plus confortable, l'autre plus ouvert. Égalité. Score final 4-10.

Bambu Lab A1 ou Elegoo Centauri Carbon 2

Le verdict

Soyons clairs : la A1 n'est pas une mauvaise machine, loin de là. Sur la qualité pure, elle fait jeu égal sur presque tous les tests. Elle est fiable, bien finie, et reste une excellente porte d'entrée. Mais pour un débutant en 2026, nous ne la conseillons plus en premier choix. À prix équivalent, la Centauri Carbon 2 fait tout ce que fait la A1, mais plus vite (20 à 45 % sur six de nos tests, presque 2 heures gagnées en multicolore), plus stable sur les pièces difficiles et un peu plus précise. Surtout, elle ne vous bloque pas : le jour où vous voudrez imprimer de l'ABS, de l'ASA, du PC ou des filaments chargés carbone, et ce jour arrive vite, vous n'aurez pas à racheter une machine.

La vraie question quand on débute n'est pas seulement « avec quoi je commence ? », mais « avec quoi je vais progresser ? ». La A1 reste un bon choix pour imprimer du PLA sans se prendre la tête. Mais pour une machine qui vous accompagne dans tous vos projets, c'est la Centauri Carbon 2.

Et surtout, quelle que soit la machine, la vraie différence se fait sur la maîtrise. C'est ce que nous enseignons à La Nouvelle École, de la modélisation jusqu'à l'impression. Découvrez notre formation impression 3D, certifiée Qualiopi et éligible au CPF, pour tirer le meilleur de votre imprimante dès le premier jour.

 
 

Questions fréquentes

Bambu A1 ou Centauri Carbon 2 : laquelle pour un débutant ?

À prix équivalent, la Centauri Carbon 2 est le meilleur choix pour progresser : plus rapide, plus stable, un peu plus précise, et fermée donc capable d'imprimer des matériaux techniques. La A1 reste excellente si vous comptez n'imprimer que du PLA sans vous prendre la tête, grâce à son écosystème très rassurant.

Quelle différence entre une imprimante ouverte et fermée ?

Une imprimante fermée possède un caisson qui maintient une température stable autour de la pièce. C'est indispensable pour l'ABS, l'ASA ou le polycarbonate, qui se déforment (warping) sans enceinte, et cela réduit l'exposition aux fumées. Une imprimante ouverte comme la A1 se limite en pratique au PLA, PETG et TPU.

La qualité d'impression est-elle vraiment identique ?

Sur la quasi-totalité de nos tests, oui : les deux machines sortent des pièces de qualité comparable, avec les mêmes petits défauts aux mêmes endroits. La vraie différence se joue sur la vitesse, la stabilité sur les pièces difficiles et la gamme de matériaux, pas sur le rendu visuel.

Pourquoi la Centauri Carbon 2 est-elle plus rapide ?

Principalement grâce à son architecture CoreXY, qui génère moins de vibrations que le système bed-slinger de la A1 et autorise des vitesses plus élevées. En multicolore, l'écart vient aussi de la conception : les bobines fixées sur le côté réduisent fortement le temps de changement de couleur, là où l'AMS Lite déporté doit rembobiner beaucoup de filament.

Faut-il racheter une machine quand on progresse ?

Avec une machine ouverte, vous risquez de buter sur les matériaux techniques et de devoir changer. Une machine fermée comme la Centauri Carbon 2 couvre dès le départ le PLA pour débuter et l'ABS, l'ASA ou les filaments carbone pour plus tard, ce qui évite un second achat. La vraie question à l'achat est : avec quoi vais-je progresser ?

Gabriella Nantenaina

CAO et spécialiste impression 3D· La Nouvelle École

Gabriella accompagne au quotidien des dizaines d'apprenants dans leur montée en compétence sur l'impression 3D et la modélisation CAO. Spécialisée sur les workflows FDM et résine, ainsi que sur les logiciels Fusion 360, SolidWorks et Onshape, elle partage sur le blog ses retours d'expérience terrain — testés, mesurés, validés en formation.

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