Test du Bambu Lab R1 : le premier laser CO2 de la marque face à xTool
À retenir
- Première machine laser de Bambu : un CO2 de 55 W, plateau 600 × 300 mm, face à la xTool P2S.
- Plus rapide, moins chère : jusqu'à 1 000 mm/s et 500 € de moins que la P2S.
- La vraie innovation : l'alignement des miroirs automatique, qui simplifie beaucoup le CO2.
- Qualité de découpe bluffante : chants nets sur le bois, cuir propre, assemblages précis.
- Le piège du budget : pas de filtre natif ; le purificateur indispensable fait grimper le total vers 3 400 €.
- Écosystème fermé : Bambu Suite uniquement, pas de LightBurn, logiciel encore en retard sur xTool.
Voici la toute première machine laser de Bambu Lab, et pour une première, la marque arrive très fort : un laser CO2 de 55 watts, un plateau de 600 par 300 mm, soit exactement les specs de la xTool P2S, l'une des machines les plus plébiscitées du moment. Sauf que le Bambu Lab R1 va presque deux fois plus vite et coûte 500 euros de moins. Un positionnement aussi agressif cache forcément quelque chose, et il y a bien un coût dont personne ne parle sur la fiche produit. Nous avons mis la machine à rude épreuve (découpe de bois, gravure de cuir, assemblage de pièces complexes) pour vous dire si vous devez l'acheter ou passer votre chemin. Review 100 % indépendante.
Le Bambu Lab R1 vaut-il le coup ? Oui pour la machine elle-même : bien finie, rapide, agréable, avec une qualité de découpe bluffante et un alignement des miroirs automatique qui simplifie énormément le CO2. Mais le prix affiché (2 499 €) n'est pas le prix réel : le purificateur, indispensable, fait grimper le budget vers 3 400 €. Idéale si vous êtes déjà dans l'écosystème Bambu ; les pros regarderont plutôt xTool pour son logiciel plus complet et la compatibilité LightBurn.
Bambu Lab ne fait plus que de l'impression 3D
On la sentait venir, cette machine. Depuis la H2D, Bambu propose en option des modules laser diode de 10 à 40 watts directement dans ses imprimantes : la marque testait déjà le terrain. Et elle n'est pas seule, Elegoo et Creality s'y essaient aussi. Toutes les marques d'impression 3D veulent devenir des marques de machines au sens large.
La différence, c'est que Bambu n'arrive pas seulement avec une machine, mais avec un écosystème déjà installé chez énormément de makers : même MakerWorld, même compte, même façon de travailler. C'est pour cela qu'on se trompe un peu en parlant de « guerre contre xTool ». La vraie cible de Bambu, ce n'est peut-être pas d'abord les clients xTool, mais vous, ceux qui ont déjà une P1S, une A1 ou une X1C et qui font confiance à la marque. À terme, c'est bien plus dangereux pour xTool qu'une simple baisse de prix. Le choix de la machine le confirme : un CO2 de 55 watts, c'est exactement le segment des P2 et P2S, là où xTool est le plus fort. Bambu n'a pas commencé par une niche, elle a visé le cœur du marché.
CO2 ou diode : pourquoi ça change tout
Pourquoi un laser CO2, et pas un laser diode comme on en voit partout chez xTool, Sculpfun ou dans les modules Bambu ? La différence tient à la longueur d'onde. Un laser diode émet une lumière visible, bleue, qui passe quasiment à travers un acrylique transparent ou du verre : il ne se passe rien. Le CO2, lui, émet dans l'infrarouge lointain, que ces matériaux absorbent.
Avec un laser CO2 comme la R1, vous pouvez donc découper et graver de l'acrylique transparent, graver du verre, découper du bois plus épais (la marque annonce 18 mm de contreplaqué et 20 mm d'acrylique), travailler le cuir, le papier, le carton et le textile, et graver la pierre et certains métaux revêtus. En revanche, un CO2 de ce type ne grave pas le métal nu : pour cela, il faut un laser fibre ou une source infrarouge dédiée. Autre spécificité, un CO2, c'est un tube en verre rempli de gaz, refroidi par liquide, à l'arrière de la machine, ce qui explique le circuit d'eau à remplir au déballage et le fait que ces machines soient plus grosses, plus lourdes et plus chères qu'une diode.
Sécurité laser avant tout : capot fermé, la R1 est classée laser de classe 1 (pas besoin de lunettes), mais un 55 W reste un outil sérieux. Ne lancez jamais une découpe sans surveillance. Ne découpez jamais de PVC ni de simili-cuir vinyle : ils dégagent du chlore, toxique pour vous et corrosif pour la machine. En cas de doute sur un matériau, ne le gravez pas.
Déballage et premier contact
Premier conseil : ne déballez pas la R1 seul, la machine est lourde, prévoyez deux personnes. La suite est étonnamment simple, en deux étapes : retirer quelques vis qui bloquent la tête laser pendant le transport, et remplir le circuit de refroidissement avec de l'eau déminéralisée (si la machine est stockée dans un endroit où il peut geler, un peu d'antigel est fourni). Et c'est tout : environ 30 minutes après l'ouverture du carton, vous découpez vos premières pièces.
Ce qui frappe ensuite, c'est la finition. Rien que le capot, monté sur vérins, s'ouvre et se referme en douceur : on sent une machine pensée jusqu'au détail. Après avoir eu plusieurs xTool entre les mains, Bambu arrive au même niveau de finition, voire un cran au-dessus sur certains points. Pour ceux qui ont déjà une Bambu, aucune surprise : même application, on scanne le QR code, la machine est liée au compte. Un conseil qu'on lit rarement : choisissez l'emplacement en pensant d'abord à l'évacuation des fumées, près d'une fenêtre ou d'un mur où faire sortir une gaine. C'est le vrai sujet de cette machine, on y revient.
Un laser CO2 aussi simple qu'une imprimante 3D ?
C'est LA question de ce test. Sur un CO2 classique, il y a pas mal de réglages : positionnement du matériau, mise au point, et surtout alignement des miroirs. Le faisceau part du tube à l'arrière et se fait renvoyer par plusieurs miroirs jusqu'à la tête ; si un miroir se décale d'un rien, vous perdez de la puissance et la découpe ne traverse plus. Sur beaucoup de machines, réaligner, c'est une demi-heure de galère avec du scotch et des tirs de test. C'est d'ailleurs pour cela que le CO2 n'est pas forcément recommandé quand on débute.
Sur la R1, Bambu a motorisé les miroirs : un capteur se clipse sur la tête et la machine s'aligne toute seule en une minute environ. Pour nous, c'est la vraie innovation de cette machine. On retrouve aussi la mise au point automatique et le positionnement par caméra (la machine photographie votre plaque et vous placez votre dessin dessus), moins novateur mais ultra pratique. Côté logiciel, attention au réflexe : ce n'est pas Bambu Studio qu'on ouvre, mais Bambu Suite, qui a bien progressé et reste simple, clair, intuitif. En toute honnêteté, xTool Studio demeure cependant plus abouti : plus d'outils, plus de tests intégrés, plus d'options pour les projets complexes. Bambu rattrapera, mais aujourd'hui xTool a de l'avance. Et attention à ne pas confondre une machine très automatisée avec une machine vraiment simple : l'automatisation vous évite les réglages mécaniques, pas de comprendre vos matériaux.
Les tests : bois et cuir
Voilà à quoi ressemble un projet de A à Z dans l'écosystème Bambu : on trouve un projet sur MakerWorld, on clique sur « Ouvrir dans Bambu Suite », on choisit son matériau, on pose la plaque capot ouvert (la machine la photographie), on ajuste le placement, on ferme le capot, on lance. Le plus long, c'est de choisir son modèle.
Pour un premier test exigeant, nous avons pris un vaisseau spatial en kit, trois plaques de MDF de 3 mm. Mais avant de lancer, un réflexe à prendre systématiquement : la matrice de test. La machine découpe une grille de petits carrés, chacun avec un couple vitesse/puissance différent. Ça prend trois minutes, et vous voyez exactement quel réglage traverse proprement sans brûler. Le préréglage par défaut pour ce MDF était de 8 mm/s à 30 % de puissance ; avec la matrice, nous avons trouvé 30 mm/s à 80 %, divisant le temps de découpe par trois. Retenez-le : les préréglages sont un point de départ, pas une vérité, car chaque plaque de MDF diffère selon la colle, la densité, l'humidité. Résultat, 20 minutes pour les trois plaques, des chants nets, des gravures propres sans brûlure autour, et un assemblage parfait malgré un MDF de qualité moyenne.
Faites toujours une matrice de test : la machine découpe une grille de petits carrés, chacun avec un couple vitesse/puissance différent. Ça prend trois minutes et vous voyez exactement quel réglage traverse proprement sans brûler. Les préréglages sont un point de départ, pas une vérité : chaque plaque diffère selon la colle, la densité et l'humidité. Trois minutes de test font gagner des heures et de la qualité.
Deuxième test, un matériau plus délicat : une chute de cuir véritable de 3 mm (du vrai cuir, important pour la sécurité). Nous avons dessiné deux porte-clés sous Illustrator pour tester aussi l'import d'un SVG maison, aussi fluide qu'un projet MakerWorld. Même méthode, matrice de test, réglage retenu 15 mm/s à 80 % (le cuir épais demande d'aller doucement). Moins de deux minutes pour découper et graver les deux porte-clés, bords et surface non carbonisés. En revanche, nous n'avons volontairement pas testé l'acrylique : sans filtre, pas question de respirer les fumées de découpe. Et c'est justement le piège, car il n'y a pas de filtre natif sur la machine.
Bambu R1 contre xTool P2S
Sur le papier, c'est presque la même machine : même source laser, même surface, mêmes capacités de découpe annoncées. Trois écarts méritent attention.
Le premier, la vitesse : 1 000 mm/s contre 600, avec 20 000 mm/s² d'accélération côté Bambu. Pour la gravure, où la tête fait des milliers d'allers-retours, c'est un vrai avantage. Mais attention à ne pas confondre vitesse maximale et productivité réelle : en découpe, c'est la puissance qui limite, pas la vitesse de déplacement. Avec 55 W des deux côtés, vous ne traverserez pas un bois épais plus vite sur la R1. Le gain se joue surtout sur la gravure de grandes surfaces, ce n'est pas un bouleversement. Le deuxième écart, le prix : 500 euros de moins pour Bambu, qui se place même sous xTool sur les accessoires. C'est fort, et xTool devra réagir. Le troisième écart, l'expérience : xTool a plusieurs années d'avance sur le laser, un logiciel plus complet et du recul sur la fiabilité, là où Bambu apporte l'alignement automatique, la calibration et MakerWorld.
Bambu R1 vs xTool P2S
| Critère | Bambu Lab R1 | xTool P2S |
|---|---|---|
| Laser | CO2 55 W | CO2 55 W |
| Surface de travail | 600 × 300 mm | 600 × 305 mm |
| Vitesse max annoncée | 1 000 mm/s | 600 mm/s |
| Découpe max annoncée | 18 mm bois / 20 mm acrylique | 18 mm bois / 20 mm acrylique |
| Alignement des miroirs | Automatique | Manuel |
| Logiciel | Bambu Suite uniquement | xTool Studio, compatible LightBurn |
| Prix (indicatif) | 2 499 € | 2 999 € |
Le piège des 500 euros
Alors, où est le piège ? Il y en a deux.
Piège n°1 : le prix affiché n'est pas le prix réel
Un laser CO2 ne fait pas que découper, il brûle, et produit de la fumée et des odeurs. Ce n'est pas propre à la R1, c'est vrai de toutes les machines laser. Après nos tests, le constat est clair : le purificateur vendu à part par Bambu (le E1 Pro) est indispensable, pour la fumée comme pour les odeurs. Il est vendu un peu moins de 900 euros (celui de xTool un peu moins de 1 000). Faites le calcul : la R1 seule à 2 499 euros, avec le purificateur on approche les 3 400 euros. L'alternative est une évacuation directe vers l'extérieur par une gaine, moins chère mais qui demande le local adapté, rarement possible en appartement. Et ce n'est pas tout : pour graver un objet volumineux (un verre, une gourde, une tasse), il faut la rehausse et le module rotatif, à ajouter au budget. Mon conseil : construisez votre budget à partir de ce que vous voulez fabriquer, pas à partir du prix de la machine.
Piège n°2 : vous restez chez Bambu
Plus discret. La P2S d'xTool est compatible LightBurn, le logiciel de référence des pros du laser. La R1, non : vous restez dans Bambu Suite, un écosystème fermé. Pour un débutant, aucun problème, c'est même rassurant. Mais pour un pro qui a déjà ses bibliothèques de réglages et son flux de travail sous LightBurn, le choix est beaucoup moins évident. Dernier point de prudence : Bambu en est à sa première génération de laser CO2, et la fiabilité du tube, des miroirs motorisés et du logiciel sur plusieurs années reste inconnue. Le CO2, même bon, demande pas mal d'entretien. xTool, lui, a ce recul.
Verdict : notre avis honnête
Nous avons été surpris, dans les deux sens. Bambu réussit son entrée dans le laser CO2 : machine bien finie, rapide, agréable, avec une qualité de découpe bluffante. Mais le budget réel est bien plus élevé que le prix affiché, et le logiciel a encore du retard sur xTool. Concrètement, à qui recommander la machine ? Si vous avez déjà une Bambu et voulez vous lancer dans le laser, c'est clairement pour vous : même compte, même logique, même MakerWorld. Si vous débutez en laser, la machine est excellente mais commencer par un modèle aussi cher n'est pas forcément le bon choix : une petite diode sous les 500 euros vous permet de voir si cela vous plaît et d'apprendre les bases. Et si vous êtes un pro, regardez plutôt du côté de xTool, pour le recul, le logiciel plus complet et la liberté logicielle.
Que vous choisissiez une diode d'entrée de gamme ou un CO2 comme la R1, le vrai facteur de réussite reste la maîtrise : matrices de test, réglages par matériau, sécurité. C'est ce que nous enseignons à La Nouvelle École. Découvrez notre formation gravure et découpe laser, certifiée Qualiopi et éligible au CPF, pour exploiter votre machine en toute sécurité et sans gâcher de matière.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un laser CO2 et un laser diode ?
C'est une question de longueur d'onde. Le laser diode émet une lumière bleue visible qui traverse l'acrylique transparent et le verre sans rien y faire. Le CO2 émet dans l'infrarouge lointain, absorbé par ces matériaux : il grave le verre, découpe l'acrylique transparent et le bois épais. En revanche, un CO2 ne grave pas le métal nu, qui demande un laser fibre.
Le prix de 2 499 € est-il le budget réel de la R1 ?
Non. Un laser CO2 produit de la fumée et des odeurs, et la R1 n'a pas de filtre natif. Le purificateur, indispensable, coûte un peu moins de 900 €, ce qui porte le total vers 3 400 €. À cela peuvent s'ajouter la rehausse et le module rotatif pour graver des objets volumineux. Construisez votre budget à partir de ce que vous voulez fabriquer.
La R1 est-elle adaptée à un débutant en laser ?
La machine est excellente, mais commencer par un modèle aussi cher n'est pas forcément le bon choix. Pour débuter, une petite diode sous les 500 € permet de voir si l'activité vous plaît et d'apprendre les bases (matrices de test, réglages par matériau) à moindre risque. La R1 est surtout pertinente si vous êtes déjà dans l'écosystème Bambu.
Peut-on utiliser LightBurn avec la Bambu R1 ?
Non. Contrairement à la xTool P2S, compatible LightBurn, la R1 fonctionne uniquement avec Bambu Suite, un écosystème fermé. Pour un débutant, c'est rassurant et sans conséquence. Pour un professionnel qui a déjà ses bibliothèques de réglages et son flux de travail sous LightBurn, c'est une vraie limite à prendre en compte.
Quels matériaux ne faut-il jamais découper au laser ?
Jamais de PVC ni de simili-cuir vinyle : ils dégagent du chlore, toxique pour vous et corrosif pour la machine. Plus largement, en cas de doute sur la composition d'un matériau, ne le gravez pas. Et quel que soit le matériau, une bonne évacuation des fumées ou un purificateur est indispensable.

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