Elegoo Centauri Carbon 2 : test et avis sur l’imprimante 3D CoreXY abordable

Une CoreXY fermée, multicolore et capable d'imprimer des matériaux techniques pour 439 € ? C'est la promesse de la Centauri Carbon 2. Bonne affaire ou compromis déguisé ? On l'a testée plusieurs semaines.

Elegoo Centauri Carbon 2

Et si une imprimante 3D CoreXY fermée, multicolore et capable d'imprimer des matériaux techniques coûtait moins de 500 € ? C'est exactement la promesse de l'Elegoo Centauri Carbon 2, vendue 439 €, là où certaines références dépassent largement les 700 ou 800 €. Une machine qui pourrait bien bousculer le marché en 2026. Mais derrière ce prix agressif, une vraie question : est-ce une bonne affaire, ou un compromis déguisé ? Après plusieurs semaines de test, voici notre avis complet.

1. Centauri Carbon 2 : une claque en 2026 ?

Elegoo n'en est pas à son coup d'essai. La marque s'est d'abord imposée sur la résine avec des machines très accessibles (gammes Saturn et Mars), avant de se lancer sérieusement dans le FDM. Avec la Centauri Carbon 2, elle propose une architecture CoreXY, une machine fermée, du multicolore intégré et un prix extrêmement agressif. L'objectif est clair : venir concurrencer directement des machines comme la Bambu Lab P1S ou la P2S, souvent deux fois plus chères.

Retour sur la Carbon 1 : pourquoi une V2 était nécessaire

La première Centauri Carbon avait cassé les prix des imprimantes fermées (autour de 279 €) et connu un gros succès. Mais elle avait une promesse non tenue : le mode d'impression multifilaments annoncé n'a jamais été pleinement fonctionnel. Résultat : une base intéressante, mais une expérience frustrante pour ceux qui attendaient le multicolore.

Avec la Carbon 2, Elegoo corrige le tir : le multicolore est cette fois nativement intégré via le système CANVAS, la stabilité est meilleure, et l'ensemble est pensé pour un usage quotidien réel.

3. Présentation et prise en main

Une machine simple à installer

Elegoo Centauri Carbon 2

Dès le déballage, la Carbon 2 inspire confiance : compacte, facile à déplacer, rapide à assembler. Quelques éléments restent à monter (support CANVAS, supports bobines, bac de purge), mais rien de compliqué, comptez une vingtaine de minutes, tournevis en main.

Une prise en main accessible

Une fois allumée : calibration automatique (environ 20 à 30 minutes), interface claire sur l'écran tactile de 5 pouces, navigation fluide. Même un débutant s'y retrouve rapidement.

4. Caractéristiques techniques

Une CoreXY fermée à prix cassé

C'est l'argument central : une architecture CoreXY associée à un caisson fermé à ce tarif, c'est rare. Le châssis est en aluminium moulé sous pression avec un triple axe Z, gage de stabilité à haute vitesse.

Ces températures permettent de gérer le PLA, PETG, ABS, ASA, TPU, ainsi que les filaments chargés en fibre de carbone. Le Nylon est possible, avec précautions. Côté vitesse, les 500 mm/s sont annoncés ; en pratique, le meilleur compromis qualité/vitesse se situe autour de 300-350 mm/s.

Le système Smart Grille

Une bonne idée : une grille de ventilation intelligente qui s'ouvre pour évacuer la chaleur en PLA et se ferme pour maintenir la chambre chaude en ABS/ASA. Ce système évite d'avoir à laisser la porte ouverte pour les matériaux courants, un vrai plus pour la qualité et la simplicité.

Connectivité sans cloud imposé

La Carbon 2 offre une caméra intégrée, le contrôle à distance et le timelapse. Surtout, elle fonctionne entièrement en LAN ou par USB, sans dépendance obligatoire à un cloud, un argument de confidentialité de plus en plus apprécié en 2026.

5. Le système multicolore CANVAS : efficace ou gadget ?

Le système CANVAS permet d'imprimer avec 4 filaments simultanément. Contrairement au nom « Combo » qui pourrait le laisser croire, ce n'est pas un module optionnel : il est intégré à la machine. Il détecte les filaments via RFID (bobines Elegoo) et gère seul les changements de couleur et les éventuels blocages.

Elegoo Centauri Carbon 2

Il est compact, simple et accessible, moins encombrant qu'un gros boîtier externe, donc moins de risques de panne. Mais il garde le défaut universel du multicolore : la purge génère du gaspillage. À chaque changement de couleur, la buse purge l'ancienne teinte, et les déchets (« poops ») peuvent dépasser le poids de la pièce elle-même sur les modèles très colorés.

6. Tests et performances réelles

En impression standard, la qualité est excellente : surfaces propres, détails nets. Au « torture test », la machine gère bien les surplombs, les ponts et les formes complexes. Sur des modèles plus exigeants, le résultat reste propre et fiable.

Tests matériaux

En TPU, bonne impression après séchage du filament et installation de l'adaptateur flexible. En Nylon, résultats corrects mais dépendants des réglages. En PA6-CF, le résultat est mitigé sans optimisation. La machine peut donc gérer du technique, mais demande des ajustements, c'est attendu à ce niveau de prix.

Multicolore : comparaison avec la Bambu P2S

Notre test comparatif sur une même pièce donne un résultat intéressant :

La Centauri Carbon 2 face à la concurrence (CoreXY fermées)
Modèle Prix indicatif Multicolore Atout principal
Elegoo Centauri Carbon 2~439 €4 couleurs (CANVAS)Rapport qualité-prix
Bambu Lab P1S~700 €+Via AMS (option)Écosystème mûr
Creality K1C~500 €+Non natifRapidité
Bambu Lab A2L~379 €Via AMSGrand format (mais ouverte)

Prix concurrents donnés à titre indicatif — à vérifier sur les fiches officielles, les gammes évoluant régulièrement.

La Carbon 2 est légèrement plus rapide, pour une qualité similaire et une consommation de matière comparable. Un très bon résultat face à une machine plus chère.

Elegoo Centauri Carbon 2

7. Points forts et points faibles

On a aimé

  • Le rapport qualité-prix : une CoreXY fermée multicolore à 439 €.

  • La polyvalence : du PLA au carbone, grâce à la buse 350 °C.

  • Le multicolore accessible : système CANVAS simple et efficace.

  • Zéro cloud imposé : fonctionne en LAN/USB, et reste silencieuse en usage normal.

On a moins aimé

  • Des finitions parfois « cheap » : le capot supérieur notamment.

  • Le multicolore perfectible : déchets de purge importants.

  • La buse en laiton d'origine : usure rapide avec les filaments abrasifs.

  • L'encombrement : large une fois les 4 bobines installées.

8. À qui s'adresse la Carbon 2 ?

Elle est idéale pour les bricoleurs, makers, petits ateliers et les utilisateurs qui veulent évoluer vers une CoreXY fermée sans se ruiner. Elle est moins adaptée à l'industrie, à la production lourde ou à l'usage intensif et continu de matériaux très exigeants.

Si vous cherchez plutôt un très grand format, comparez avec notre test de la Bambu Lab A2L (plus grande, mais ouverte). Et pour bien choisir, consultez notre guide des marques d'imprimantes 3D en 2026.

9. Verdict : faut-il l'acheter en 2026 ?

Pas une révolution technologique, mais un excellent compromis. (4,5/5)

Elegoo Centauri Carbon 2

Difficile de trouver mieux à ce prix. La Centauri Carbon 2 n'invente rien, mais elle rend accessibles des technologies jusqu'ici réservées à des machines bien plus chères : CoreXY, caisson fermé, multicolore et capacités techniques, le tout pour 439 €.

Elle peut rivaliser avec des modèles Creality, Anycubic et certaines Bambu, tout en étant moins chère. Pour la grande majorité des amateurs et des makers, elle touche un point d'équilibre qui n'existait tout simplement pas à ce prix auparavant. En 2026, c'est clairement un tournant.

 

Questions fréquentes

Quel est le prix de l'Elegoo Centauri Carbon 2 ?
Le prix de lancement est de 439 € pour la version Combo, qui inclut le système multicolore CANVAS (4 couleurs) — c'est la seule version proposée. À ce tarif, c'est l'une des imprimantes CoreXY fermées les plus abordables du marché en 2026.
Quels matériaux la Centauri Carbon 2 peut-elle imprimer ?
Grâce à sa buse jusqu'à 350 °C, son plateau à 110 °C et son caisson fermé, elle gère le PLA, le PETG, l'ABS, l'ASA, le TPU (avec adaptateur), ainsi que les filaments chargés en fibre de carbone. Le Nylon et le PA6-CF sont possibles, mais demandent des réglages soignés.
Le système multicolore CANVAS est-il un module en option ?
Non, contrairement à ce que le nom « Combo » laisse penser, le système CANVAS 4 couleurs est intégré à la machine, pas un module séparé. Il gère le changement de filament automatiquement via détection RFID. Son principal défaut reste les déchets de purge générés à chaque changement de couleur.
La Centauri Carbon 2 dépend-elle d'un cloud ?
Non. C'est l'un de ses atouts : elle fonctionne entièrement en réseau local (LAN) ou par USB, sans dépendance obligatoire à un cloud. Un argument de confidentialité de plus en plus apprécié. Elle dispose tout de même d'une caméra intégrée et du contrôle à distance.
Faut-il prévoir beaucoup de place ?
Oui, plus qu'on ne le pense. La machine elle-même est compacte, mais une fois les quatre bobines du système CANVAS montées sur les côtés, l'encombrement en largeur augmente nettement : prévoyez au moins 600 mm de largeur sur votre bureau ou étagère.
Pour qui la Centauri Carbon 2 est-elle faite ?
Pour les bricoleurs, makers, petits ateliers et débutants ambitieux qui veulent une CoreXY fermée, multicolore et polyvalente sans se ruiner. Elle est moins adaptée à la production industrielle lourde ou à l'usage intensif de matériaux très exigeants. Pour bien la maîtriser, une formation accompagnée fait gagner du temps.
Gabriella Nantenaina

CAO et spécialiste impression 3D· La Nouvelle École

Gabriella accompagne au quotidien des dizaines d'apprenants dans leur montée en compétence sur l'impression 3D et la modélisation CAO. Spécialisée sur les workflows FDM et résine, ainsi que sur les logiciels Fusion 360, SolidWorks et Onshape, elle partage sur le blog ses retours d'expérience terrain — testés, mesurés, validés en formation.

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