Prusa i3 MK3S : tout savoir sur l'imprimante 3D

Longtemps considérée comme l'une des meilleures imprimantes 3D FDM grand public, l'Original Prusa i3 MK3S reste une référence. Présentation, caractéristiques, calibration et comparaison avec la Prusa Mini.

Prusa i3 MK3S

Josef Prusa

L'Original Prusa i3 MK3S est l'une des imprimantes 3D les plus réputées de sa génération. Saluée par la presse spécialisée comme une référence de fiabilité et de qualité d'impression, elle a marqué l'histoire de l'impression 3D FDM grand public. Dans ce guide, nous revenons sur son créateur, ses caractéristiques, ses réglages, le bon slicer à utiliser et sa comparaison avec la petite Prusa Mini.

1. Qui est Josef Prusa et qu'est-ce que Prusa Research ?

L'imprimante FDM Prusa i3 (à dépôt de filament fondu) a été développée par la société tchèque Prusa Research. Il s'agit d'une imprimante open source conçue par Josef Prusa, dans le sillage du projet RepRap et de la première Prusa Mendel. Le troisième modèle de la lignée, le i3, est devenu un standard populaire et fiable.

Depuis, la série Prusa i3 a connu de nombreuses itérations : la i3 MK2 en 2016, la i3 MK3 en 2017 et la i3 MK3S en 2019. Mais Prusa Research ne s'est pas arrêté à l'i3 : la marque a aussi développé la Prusa Mini (FDM compacte) et la Prusa SL1 (résine SLA).

2. Les caractéristiques de la Prusa i3 MK3S

Volume : 25 × 21 × 21 cm Buse : jusqu'à 300 °C Couches : 0,05 à 0,35 mm Vitesse : > 200 mm/s Bruit : < 45 dB

La MK3S se distingue par un équipement complet : un extrudeur innovant, de nombreux capteurs intégrés et une plaque chauffante magnétique MK52 avec feuille d'impression en acier à ressort PEI, amovible et remplaçable. La nouveauté de la MK3S est son capteur de filament à détection optique, déclenché par un levier mécanique simple, quasi insensible à l'usure.

Le moteur et la buse de l'extrudeur ont été rapprochés de l'axe X, ce qui réduit la résonance et améliore la qualité. L'axe Y repose sur une extrusion en aluminium qui renforce la stabilité du cadre. La machine est équipée de drivers Trinamic 2130 et d'un ventilateur Noctua, pour une impression à la fois rapide et très silencieuse. Une fonction de reprise après coupure de courant (power panic) permet de sauver une impression en cas de panne. Enfin, le nivellement automatique du plateau (mesh bed leveling) est assuré par le capteur inductif PINDA.

Prusa i3 MK3S

Côté matériaux, la MK3S est très polyvalente : PLA, PETG, ABS, ASA, HIPS, flexibles (TPU), nylon, polycarbonate, ainsi que des filaments composites chargés en bois ou en métal. Seule limite : l'absence de caisson fermé la rend moins à l'aise sur les très grandes pièces en ABS, sensibles au warping.

3. Les réglages : calibration de la MK3S

La calibration XYZ vérifie que l'imprimante est correctement assemblée et que les axes sont bien perpendiculaires. Elle mesure l'obliquité des axes X/Y et applique des compensations. Elle fait partie de l'assistant qui s'affiche au premier démarrage ; vous pouvez aussi la relancer depuis le menu LCD → Calibration → Calibrage XYZ.

Marche à suivre

  1. L'imprimante aligne d'abord l'axe Z ; vérifiez que les deux extrémités de l'axe X atteignent bien le haut.

  2. Retirez la feuille d'acier pour le premier étalonnage en 4 points, et confirmez.

  3. Vérifiez que la buse est propre, puis confirmez à l'écran.

  4. Placez une feuille de papier entre la buse et le plateau. Si la buse accroche le papier, appuyez sur Reset : le capteur PINDA est réglé trop haut, abaissez-le légèrement et recommencez.

  5. Reposez la feuille d'acier et confirmez : l'imprimante effectue un nivellement complet du plateau en 9 points, enregistré en mémoire.

Bon à savoir. Le capteur PINDA (ou SuperPINDA sur les versions suivantes) doit se trouver environ 1 mm au-dessus de la pointe de la buse. En cas d'erreur de calibration, vérifiez l'assemblage des axes, le cheminement des câbles et la bonne insertion du hotend.

4. Quel slicer pour la Prusa i3 MK3S ?

L'idéal est PrusaSlicer, développé par la marque elle-même : c'est l'outil le mieux optimisé pour la machine. Mais la MK3S est compatible avec la quasi-totalité des slicers du marché, Cura, Slic3r ou encore OctoPrint. Tout dépend de vos habitudes. Si vous débutez, nous conseillons PrusaSlicer : complet, fiable, et parfaitement adapté à votre machine Prusa.

Prusa i3 MK3S

Buse de la Prusa i3 MK3S

5. À qui s'adresse la Prusa i3 MK3S ?

La MK3S est une machine de grande qualité, facile à utiliser pour qui connaît un minimum l'impression 3D, dotée d'une fiche technique solide et d'une qualité d'impression remarquée. Grâce à son plateau généreux, elle réalise presque tous les projets, et elle est facilement évolutive.

En revanche, c'était une machine au tarif élevé pour son époque : elle s'adresse davantage aux makers qui impriment régulièrement qu'aux curieux occasionnels. Pour ces derniers, la Prusa Mini constitue une porte d'entrée plus abordable.

6. Prusa Mini ou Prusa i3 MK3S ?

Les deux machines diffèrent surtout par leur taille. La Prusa Mini est compacte (38 × 38 × 33 cm) avec un volume de 18 × 18 × 18 cm. La MK3S, plus imposante (55 × 40 × 50 cm), offre un volume de 25 × 21 × 21 cm. La Mini n'existe qu'en kit DIY, tandis que la MK3S se décline en kit ou en version montée et testée.

Prusa Mini vs Prusa i3 MK3S
Critère Prusa Mini Prusa i3 MK3S
Volume d'impression18 × 18 × 18 cm25 × 21 × 21 cm
FormatCompacte (38 × 38 × 33 cm)Plus grande (55 × 40 × 50 cm)
DisponibilitéKit DIY uniquementKit ou montée
MatériauxPLA, PETG, ASA, ABS, FlexGamme plus large
Idéal pourDébuter, petit budget, fermesUsage régulier, polyvalence

Prix et disponibilités à vérifier sur le site officiel Prusa : ces modèles sont anciens et certaines versions ont été remplacées par les gammes MK4 et Core One.

Prusa i3 MK3S

En résumé : la Mini est idéale pour débuter ou pour monter une petite ferme d'impression à moindre coût ; la MK3S vise la polyvalence et l'usage régulier. Pour bien choisir entre les modèles actuels, consultez notre guide des marques d'imprimantes 3D en 2026.

Conclusion

L'Original Prusa i3 MK3S a marqué son époque par sa fiabilité, sa qualité d'impression et son écosystème ouvert. Même si la gamme a depuis évolué vers les MK4 et Core One, elle reste une machine de référence, recherchée en occasion et appréciée pour son caractère évolutif. Quel que soit votre modèle, l'essentiel est de bien se former pour en tirer le meilleur.

 

Questions fréquentes

Quel est le volume d'impression de la Prusa i3 MK3S ?
La Prusa i3 MK3S dispose d'un volume d'impression de 25 × 21 × 21 cm, soit l'un des plus généreux de sa catégorie à sa sortie. Cela lui permet de réaliser la grande majorité des projets sans avoir à les découper.
Quels matériaux la MK3S peut-elle imprimer ?
Grâce à sa buse pouvant atteindre 300 °C, elle imprime le PLA, le PETG, l'ABS, l'ASA, le HIPS, les flexibles (TPU), le nylon, le polycarbonate, ainsi que des filaments composites (chargés bois ou métal). C'est une machine très polyvalente, bien que sans caisson fermé.
Quel slicer utiliser avec la Prusa i3 MK3S ?
PrusaSlicer, développé par Prusa, est l'outil le plus adapté à la machine. Mais la MK3S est compatible avec la quasi-totalité des slicers du marché : Cura, Slic3r ou encore OctoPrint. Pour débuter, PrusaSlicer reste le choix le plus simple et le mieux optimisé.
Comment calibrer la Prusa i3 MK3S ?
La calibration XYZ se lance depuis le menu LCD (Calibration). L'imprimante vérifie l'alignement des axes, puis effectue un nivellement automatique du plateau en 9 points grâce au capteur PINDA. Le réglage fin de la première couche (Live Z) se fait ensuite avec une feuille de papier sous la buse. Une formation permet de maîtriser ces étapes sereinement.
La Prusa i3 MK3S est-elle faite pour les débutants ?
Elle est accessible, mais convient surtout à ceux qui impriment régulièrement et veulent une machine fiable et évolutive. Pour un tout petit budget ou un usage occasionnel, la Prusa Mini est une alternative plus compacte et plus abordable. À noter : la gamme a depuis évolué (MK4, Core One).
Théau Sigwald

Théau Sigwald est le fondateur de La Nouvelle École, organisme de formation certifié Qualiopi spécialisé en impression 3D et fabrication numérique. Praticien du FDM et de la résine, il teste machines, filaments et réglages au quotidien et publie des reviews techniques détaillées sur sa chaîne YouTube.

https://nouvelleecole.fr
Précédent
Précédent

Peindre une impression 3D : le guide complet

Suivant
Suivant

Warping impression 3D : 10 solutions pour l’éviter