ABS : Tout comprendre sur ce matériau d’impression 3D
Deuxième matériau le plus utilisé en FDM, l'ABS est plus résistant que le PLA mais nettement plus exigeant. Propriétés, réglages, warping, lissage à l'acétone : tout ce qu'il faut savoir avant de s'y mettre.
bobines d’ABS
Après notre guide sur le PLA, voici son grand rival : l'ABS, le deuxième matériau le plus utilisé en impression 3D FDM. Bien le connaître vous permettra de sortir du PLA et d'imprimer des pièces réellement techniques. Mais soyons clairs dès le départ : l'ABS est plus performant, et aussi nettement plus difficile à apprivoiser.
1. Qu'est-ce que l'ABS ?
L'ABS, pour Acrylonitrile Butadiène Styrène, est un polymère thermoplastique issu du pétrole, très courant dans l'industrie pour sa bonne résistance aux chocs et sa légèreté. On le retrouve dans les coques de bateaux, la décoration, les jouets, et notamment dans les célèbres briques LEGO.
Techniquement, c'est un « terpolymère », obtenu par polymérisation d'acrylonitrile et de styrène en présence de polybutadiène, généralement dans des proportions proches de 20 % d'acrylonitrile, 25 % de butadiène et 55 % de styrène. En faisant varier ces proportions, on modifie les propriétés du matériau.
2. Pourquoi utiliser l'ABS ?
Si l'ABS s'est imposé comme le numéro deux de l'impression 3D, c'est pour de bonnes raisons. C'est un matériau polyvalent et durable, connu pour sa rigidité, sa résistance aux chocs et sa bonne tenue en température (utilisable environ de -20 °C à 80 °C, là où le PLA ramollit dès 55-60 °C). Il convient donc particulièrement aux applications techniques et fonctionnelles : prototypes, outils, gabarits, pièces d'usure.
Les lego sont fabriqués à partir d’ABS
Les impressions ABS offrent aussi un bel aspect mat qui rend les couches peu visibles, un rendu souvent préféré au côté brillant du PLA ou du PETG. Et il reste très abordable, autour de 20 € le kilo.
Enfin, l'ABS possède une qualité unique : sa capacité de lissage chimique. Il réagit fortement à la vapeur d'acétone, ce qui permet, en contrôlant l'exposition, d'obtenir un lissage bluffant sans avoir recours à un kit de lissage ni au ponçage.
3. Les réglages d'impression de l'ABS
L'ABS demande des températures nettement plus élevées que les filaments standards, ainsi qu'une ventilation quasi nulle. Voici les repères :
- Buse
- 220 à 250 °C
- Plateau
- 90 à 110 °C (indispensable)
- Ventilateur
- Non (ou très faible)
- Caisson
- Fortement recommandé (~80 °C ambiants)
Comme pour les autres filaments standards, l'ABS est déjà configuré par défaut dans les slicers : les profils génériques conviennent à la majorité des bobines. Attention toutefois, selon la marque et le grade, les recommandations diffèrent légèrement. Respectez toujours les plages de températures du fabricant indiquées sur la bobine.
4. La grande difficulté : le warping
Soyons honnêtes : l'ABS est plus difficile à imprimer que le PLA, et son principal ennemi porte un nom, le warping. En refroidissant, l'ABS se rétracte fortement. Cette rétraction fait remonter les coins de la pièce et la décolle du plateau, quand elle ne la déforme pas complètement.
La clé n'est pas seulement le plateau, mais bien la température de tout l'environnement d'impression. L'ABS standard a besoin d'une enceinte proche des 80 °C pour ne pas se déformer. Cette chaleur ambiante maximise en prime la liaison entre les couches, donc la solidité de la pièce.
Trois leviers, dans l'ordre d'efficacité :
- 1. Le caisson
- Le plus efficace : une enceinte fermée qui stabilise la température ambiante
- 2. Le plateau chauffant
- Indispensable, entre 90 et 110 °C
- 3. L'adhérence
- Colle, laque ou radeau pour tenir la première couche
Il faut aussi éviter tout courant d'air froid, garder le ventilateur coupé, et privilégier un ABS de bonne qualité, avec un grade adapté à l'impression 3D. Les ABS des débuts de l'impression 3D provoquaient un fort taux de retrait ; la grande majorité des bobines actuelles sont bien mieux formulées.
5. Sécurité : ventilez toujours
6. Post-traitement et variantes
Place de l’ABS parmi les autres matières en terme de résistance et température
Bonne nouvelle : l'ABS demande peu de post-traitement. Il se peint bien et vieillit correctement, avec peu de déformations dans le temps. En revanche, il faut le garder au sec : comme le PLA, il absorbe l'humidité de l'air, ce qui le rend ensuite bien plus difficile à imprimer. Stockage en boîte hermétique avec déshydratant.
Son atout signature reste le lissage à l'acétone : exposée brièvement à la vapeur d'acétone dans un contenant fermé, la surface fond légèrement et les stries disparaissent, laissant un rendu lisse et brillant.
Il existe enfin des ABS chargés, additionnés de fibres de carbone ou de fibres d'aramide (Kevlar). Les fibres réduisent le gauchissement et améliorent la précision, tandis que le carbone renforce les propriétés mécaniques. Ces filaments sont plus chers, demandent des réglages spécifiques, et une buse en acier trempé, car ils sont abrasifs.
7. ABS ou PLA : lequel choisir ?
| Critère | ABS | PLA |
|---|---|---|
| Origine | Pétrosourcé | Biosourcé |
| Température buse | 220 à 250 °C | 190 à 220 °C |
| Plateau chauffant | Indispensable (90-110 °C) | Optionnel (20-60 °C) |
| Caisson | Quasi indispensable | Inutile |
| Facilité | Difficile (warping) | Très facile |
| Tenue à la chaleur | Bonne (~80 °C) | Faible (~55-60 °C) |
| Résistance aux chocs | Élevée | Moyenne |
| Aspect | Mat, couches discrètes | Plutôt brillant |
| Lissage chimique | Oui (acétone) | Non |
| Idéal pour | Pièces techniques, outils | Déco, prototypes |
Bobine de filaments d’ABS
En résumé : le PLA pour tout ce qui reste à température ambiante et pour la simplicité, l'ABS quand la pièce doit encaisser des chocs ou de la chaleur, à condition d'avoir la machine adaptée.
Conclusion
L'ABS est un excellent matériau technique, injustement réputé infernal : la plupart de ses difficultés se résument à une seule question, la maîtrise de la température ambiante. Avec une machine fermée, un plateau bien chaud et une bonne ventilation de la pièce, il devient parfaitement gérable, et vous ouvre la porte aux pièces réellement fonctionnelles.

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